
Blog de mes créations poétiques et de mes projets en cours
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
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Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

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Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
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Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
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Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
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Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

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Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

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Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

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Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

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Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

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Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

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VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Hello World!
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
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Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
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Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
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Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

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Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
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Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
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Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
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Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
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Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
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Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

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Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

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VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Hello World!
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
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Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

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VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Hello World!
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

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VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Hello World!
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Hello World!
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-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

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Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
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Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
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Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
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Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

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Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
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Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

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Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

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Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

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Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

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Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

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Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

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VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Hello World!
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-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
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Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
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Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

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Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

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Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Hello World!
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-
-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
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Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

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Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

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Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Hello World!
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
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Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

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Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

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Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
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Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

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Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

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Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

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Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

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Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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Hello World!
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

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Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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-
Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

-
Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

-
Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

-
Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

-
Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

-
Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
-
Hello World!
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Fleur de cimetière

Je vais sur ta tombe
Je me souviens des bons moments
Passés en ta compagnie
Farniente vin et poésie
L’insouciance de vivre
Le soleil dans les yeux
Une jolie silhouette dans la rue
Et Paris
Paris encore
Paris de nos amours
Et de nos échecs
Paris des comptoirs
Et du vin nouveau
Paris où se perdre
Et se retrouver encore
Oui tu es là
Je repense à tout cela
Devant ta tombe de granit gris
Et je me dis
Qu’il fait bon vivre encore
En pensant à ce que tu fus. -
Un balcon sur la mer
J’ai besoin d’eau
Et de quelques pierres
Un balcon sur la mer
Une prière épurée
Je veux être seul
Mais non solitaire
Être avec les éléments
Et mes amis en pensée
Je marcherai sur la plage
Ramassant des galets
Plus vieux que mes années
Polis comme une épaule amie
Puis je m’en retournerai
Dans la chambre solitaire
Habitée de ta présence
Et du désir d’écrire sur toi
Alors tu me reviendras
Le rideau battant au vent
Sur le balcon ouvert à l’océan
Alors je te caresserai
Sur la page de sable blanc
Où s’écriront mes mots de sablier
Qui rejoindront bientôt la mer
Quand la nuit sera tombée.
Open window overlooking the ocean. Stock image. -
Petits cailloux
Un mot
Une phrase me vient
Un caillou ramassé
Au bord du chemin
Le soir tombe
Que grapiller encore
Au bord de l’éphémère ?
-
Je pense à toi
Je pense à toi
Comme on se détourne de l’horizon
Pour entrer dans la nuit nue
Je pense à toi
Quand tu étais nue
Et que tu éclairais la nuit
Je pense à toi
Quand tu as fermé ma bouche
Comme on claque une porte
Je pense à toi
Comme à toutes ces portes
Que je ne parviens pas à ouvrir
Je pense à toi
Quand se ferme le chemin
Qui me mènerait à toi
Je pense à toi
Quand s’ouvre une fenêtre
Où tu n’apparais pas
Je pense à toi
Quand je passe au coin de cette rue
Qui était aussi la nôtre
Je pense à toi
Comme on hurle
Dans le silence de l’autre
Je pense à toi
Quand le soleil à son Midi
Ouvrait ta robe de ciel
Je pense à toi
Comme à une robe échancrée
Que je n’offrirais pas
Je pense à toi
Quand je vois mon reflet
Dans les vitrines éteintes
Je pense à toi
Comme à une dernière étreinte
Qui ne veut pas mourir
Je pense à toi
Si lointaine à présent
Que tu es près de moi.
-
Ton silence
Je tourne dans les rues
Comme je tourne dans ma tête
Prisonnier d’une quête
Sans but
Thésée sans labyrinthe
Chevalier sans Graal
Ployant sous la grêle
Des souvenirs
Qui pour m’abriter ?
Pas tes bras sans épaules
Pas ton cœur mis à sécher
Sur la corde de la Raison
Je tourne dans ma tête
Comme je tourne dans les rues
Te cherchant aux carrefours
Cherchant mon visage
Sans reflet est mon visage
N’imprimant que le mur
D’un labyrinthe de mots
Bruissant de ta voix
Qui s’est tue.
-
Hellebore
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le ciel au-dessus de ma tête
Comme la terre sous mes pas
J’aimerais tant que tu sois là
Comme le soleil sur l’eau gelée
Comme la fleur en hiver
J’aimerais tant que tu sois là
Dans cette répétition des mots
Qui te ferait advenirComme la première fois
Où je t’ai reconnue
Moi qui ignorais tout de toiMoi qui ne voyais plus le ciel
Ni la terre sous mes pas
Et gelé comme l’eau en hiverJ’aimerais tant que tu sois là
Non pour retenir
Mais pour faire advenirLa fleur en hiver
L’épaule douce des mots
A la commissure de tes lèvres.
-
Nouvelle parution.
Mon quatrième recueil de poèmes commencé en Octobre 2024.
Recueil de poèmes entamé en Octobre 2024. Tout est sur la quatrième de couverture…
https://www.editions-harmattan.fr/…/l-horizon-de…/80382

-
Cécité du coeur
Tu étais le jour en pleine nuit
Quand tu ouvrais mon cœur
Qu’as-tu fait du tien
Offert à celui qui le ferme ?
Tu es devenue la nuit
Dans le jour de mon cœur
Et tes yeux ouverts
Restent fermés sur les miens.
-
Désir entêtant
Tu es ce désir entêtant
Sans tête ni visage
Toi l’Effacée
Dérobée à ma vue
Souvent tu me reviens
Quand je n’attends plus rien
Sinon de te revoir
Comme la première fois
Fausse croyance
Dirais-tu
On ne retourne pas en enfance
Quand on a tout perdu
Mais tu me reviens quand même
Dans la nuit nue
Quand s’ouvre les yeux de l’insomnie
Sur ton corps en absence.
-
Terminus
Je reprends le train
De Paris vers la Beauce
Je refais le chemin à l’envers
Tu n’es pas dans le train
Tu n’y es plus depuis longtemps
Les champs sont encore verts
J’avais une main sur ton genou
Tu portais une robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Je refais le chemin à l’envers
Tu es toujours dans mes pensées
Mais le wagon est vide
Et chaque gare à l’arrêt me ramène
Au quai que tu as quitté
Sans te retourner
Dans un manteau d’hiver masquant
Peut-être ton sourire ou tes larmes
Je ne l’ai jamais su
Ce que je sais seulement
C’est que tu es toujours en moi
Comme un coquelicot rebelle
Qui tache ceux qui le touchent
Rouge était ta couleur
C’était la mienne aussi
Rouge ta robe d’été aussi légère
Que le vol d’un oiseau
Rouge mon cœur lourd
A présent le train arrive en gare
Non je n’ai rien oublié sur la banquette
Le wagon est vide et sans voix
Pour me dire : Je suis bien avec toi
Impossible de refaire le chemin à l’envers
Il faut sortir se cogner à la foule
Prendre le visage des autres sans amour
Avancer avancer encore vers la sortie
Vers l’abime de solitude.
-
Fin du jour
FIN DU JOUR, poème. Par Pascal Hérault.
C’est la fin du jour
L’heure que je n’aime pas
Les volets se ferment
Et les visages aussi
Chacun dans sa tanière
A ramasser la poussière
Du jour fini
D’aucuns disent
C’était une belle journée
D’autres encore
Vraiment une journée pourrie
Chacun dans sa tanière
Ramasse sa poussière
Où brillent des étoiles
Ou des soleils morts
Ainsi je vais par les rues
Dérivant dans mon poème
Sans trouver d’issue
Les volets sont fermés
Et les visages aussi.
-
Le Feu follet
Il pleut à verse
J’écoute l’eau couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je n’ai jamais eu d’attirance pour les gens heureux
Je connais trop leurs mensonges
Un portefeuille bien garni
Une belle cuisine aménagée
Une nouvelle vie après le sport
Fais-moi l’amour chéri
N’oublie pas ton Viagra
On partira
Comme on est né
Dans les cris et les larmes
Tout le monde assemblé
Autour du malade
Ou bien
La solitude d’une chambre d’hôpital
Merci de nettoyer la 264
Un nouveau patient attend
On fait ce qu’on peut avec les médicaments
Il ne va pas tarder à crever
Ou bien encore
Si on a du courage
Compter sur le Smith & Wesson 9mm
Posé sur le chevet du soir
Une balle suffit
Viser le cœur
Viser la bouche
Repeindre la chambre en rouge
Pour lui donner un air ensoleillé
Mais c’est compliqué
Il faut aller chez l’armurier
Bonjour je cherche une balle qui tue
Et produire aussi comble de la vertu
Un permis de port d’arme
Pour se zigouiller
Depuis que je le sais
L’idée de mourir a jeté sur moi
Son ombre fatale
Je n’y comprends que dalle
A ces philosophes du Carpe Diem
J’ai beau profiter
Je vois toujours ma mort
Se profiler
Sur l’écran du GPS
Où faut-il aller ?
Où est la direction ?
Pourquoi cette déviation ?
Je voudrais rentrer chez moi
Dans ma maison aux murs de charbon
Sur lesquelles je dessine parfois
Un oiseau libre
Une empreinte sur le sable de la plage
Un bouquet de pivoines explosé de blancheur
Il pleut à verse
J’écoute la pluie couler dans le caniveau
Je vois ma vie crouler au fond de l’eau
Je suis cela
Un feu follet
Dont la lumière vive et brève
Sera bientôt avalée par la nuit
Les gens heureux
Passez votre chemin
Vous verrez bien qu’un jour
En dépit du butin
D’autres prendront votre tour
Alors plus rien
Seulement le mauvais jour
La pluie qui tombe
La pluie qui tombe à verse
Et s’en va se jeter au fond du caniveau.
-
Dressage
Je suis dans ton silence
Comme un lion en cage
Je rugis
Tu te tais
Tu te tais
Je t’envoie des mots de mer
Tu te tais
Comme la marée en son reflux
Ainsi va ton dressage
Qu’à la fin je me tais
Emmuré dans mes mots
Doux et durs
Comme tes ongles acérés
Reflets de ton propre langage.

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Prière sans visage

Je me suis dit
Va écrire un poème
Avant que la nuit tombe
J’ai besoin d’entendre ta voix
J’ai besoin de voir ton visage
Alors j’ai écrit ce poème
Avec mon cœur
Avec mes doigts
Te caressant dans la chambre nue
Comme je faisais autrefois
Puis j’ai éteint la lampe
J’ai attendu que tu répondes
Nulle voix
Nul visage
Juste le silence de la nuit. -
Violence
En moi tu as insufflé
La griffe et le miel
La caresse et le désordre
Le chaos et la mer étale
Le désir de l’attente
Et la torture du silence
En moi tu as déposé tout cela
Sans vraiment y croire
Comme on passe d’une pièce à l’autre
Comme on feuillette un livre
Qui bientôt tombera des mains
Et à présent tout est là encore
Tout est là sans usure
Et sans usage
La pièce tes mains le livre ouvert
Refusés verrouillés cadenassés
Par le rasoir de ton silence
Tu as changé de quai
Sans me dire au revoir.
-
Flux et reflux

Si lointaine
Et dans mon cœur
La mer reflue
Tu apparais
Monte le soir
Mon cœur se serre
La mer reflue
Où es-tu ?
Dans mon cœur
Et si lointaine
Monte la mer
Mon cœur déborde.
-
Rester ouvert

Il est tard
Dans la rue on ferme les volets
Tu n’aimes pas ce qui se ferme
Tu ne l’as jamais aimé
Les volets
Les cafés
Les chemins
Les visages
Les livres
Les jambes
Les bras
Les yeux
Les cœurs
Tu aimes ce qui reste ouvert
Toujours
De jour comme de nuit
Les champs
Les forêts
Les lacs
Les paysages de lande
Loch Lomond
Cap Fréhel
Starnberger See in Bayern
L’appel de l’océan
Le vent qui fouette la peau
Tous les oiseaux
Tous les cieux ouverts
Aux dieux tutélaires
Au je-ne-sais-quoi
Au promeneur solitaire
Au mouvement
A la danse
A la nage
Aux nuages
Au partage
A l’ivresse douce
Au cœur aventureux
A toutes ces choses enfin
Qui laissent l’esprit ouvert
En éveil
Et qui font qu’on s’émerveille encore
D’un rien
D’un sourire
D’une épaule douce
D’une pierre trouvée sur le chemin. -
IL BRUINE
Il bruine
Il bruine partout
Sur les lunettes
Et dans la tête
Il bruine
Comme un chagrin
Venu de loin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Il bruine dehors
Il bruine dedans
Les vitres pleurent
Un vieux chagrin
Tout suinte l’iode
Et les embruns
La plage brouillée
La mer partout changée
En fumée froide
Un café tremblote
Dans l’air marin
Néons malingres
On pousse la porte
Bottes et cirés
Ont élu domicile
Il bruine encore
C’est certain
Mais la bière brille
Entre les mains
On se boit un coup
Et puis un autre
On oublie le crachin
La mer fondue grise
Comme un noyé
Bottes et cirés
Bavardent au débotté
Et on espère
Qu’on sortira bientôt
De ce crachin
De ce chagrin
Qui colle aux yeux
Qui colle au cœur
Quand bien même
Le soleil revenu
Tous les deuils
Ne seront pas effacés.

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Retour
J’ai laissé derrière moi la mer
Comme une amante inassouvie
La ville est fade
Confinée dans la chaleur
Comme une petite vieille rabougrie
Où vont ces rues sans horizon
Sans voiles caressées par le vent
Ces nageurs nus nageant
A contre-courant ?
J’erre
Je cherche ma place
Mes dernières pièces au bar
Tandis que je rêve
Aux souvenirs de la mer.

-
Nager nu
Poème qui s’inscrit dans un projet de textes liés au monde de la plage et de la mer…
Nager nu
Nager à crue
Sur un cheval d’eau
Adieu maillot mailles liens
Adieu ce qui retient
L’eau rassemble
La peau devient
Eau flux et reflux
Tout se fond en Un
Un
Anagramme de Nu
Tout s’unit
La peau et l’eau
Devenues amies
Devenues amantes
Tout devient sexe
Étreinte océanique
Soleil d’eau
Yin et Yang
Enlacés
Rien n’est séparé.

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Interview
Interview du 13 juillet 2025, à l’Echo Républicain, à propos de mon dernier recueil: Bois et Dérivés, éditions L’Harmattan.

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Le Songe de la mer
Un jour tu reviendras
Dans le songe de la mer
J’aurai laissé ma voix
Je serai ce ressac
Qui battra encore en toi
J’aurai depuis longtemps
Passé l’horizon calme
Nulle part je ne serai
Sinon dans ton cœur
Qui se souviendra combien
Il fut doux de se connaître
Et les souvenirs seront là
Comme ces vagues entêtantes
Battant contre tes tempes
Battant contre ton cœur
Alors d’un regard tu embrasseras
La mer aux larges épaules
Je te verrai sans te voir
En te serrant contre moi
Dans le songe de la mer
Où j’aurai disparu.

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Le Belvédère
Je me souviens de la maison de Ravel
On voulait la visiter
Mais elle était fermée ce jour-là
Je t’ai prise en photo devant Le Belvédère
C’était le nom de la maison
Puis on s’est promené dans les petites rues
Aux façades de maison de poupée
Me rappelant que Ravel collectionnait les jouets
Et qu’on ne lui connaissait encore amour féminin
Travaillant sans relâche ses partitions jusqu’à l’ennui
L’église était belle et toi aussi
Belle cela rimait bien avec Ravel
Tu m’as dit Je vivrais bien ici
La campagne tout près de Paris
Et je me suis vu avec toi dans une grande maison
Où chacun aurait été libre de vivre sa vie
On a bu des blancs sous une tonnelle
On n’avait pas envie de rentrer
On touchait là un petit paradis
Fait de maisons sages et de roses trémières
Encore un dernier verre et c’en serait fini
Du petit paradis et de cette grande maison
Où nous ne vivrions jamais
Jamais nous n’avons revu la maison de Ravel
Tu es partie vivre ailleurs
Ailleurs c’est toujours mieux qu’ici
On n’a pas à attacher son cœur
Qui tôt ou tard se flétrit
Comme les roses trémières.

-
VILLA OUVERTE

VILLA OUVERTE, poème. ©Pascal Hérault.
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
Le parfum des pins dans les dunes
Je me souviens d’une villa ouverte au vent
On y allait et venait au gré des marées
Et des amours conjugués au plaisir de la voile
On appareillait dans la lumière du matin
La peau léchée d’écume et de soleil frais
Vers des routes paresseuses bordées de criques
On naviguait à vue en riant et en chantant
On sautait dans l’eau sombre au large du littoral
La plage au loin s’étirait comme un corps mince
Plus tard on revenait par vent arrière le spi déployé
Comme un étendard de joie et d’insouciance
Les corps essorés d’embruns et de soleil salé
On s’enfonçait mollement sur le rivage
Fatigués et ravis d’avoir communié avec la mer
La faim au ventre comme des naufragés sans blessures
Plus tard encore dans la villa ouverte au vent
On partageait le sable et le feu sur la terrasse fraîche
Dévolue au festin des amours et du vin
L’avenir se nommait Soleil couchant
Tout serait beau le lendemain inéluctablement beau
On s’endormait dans des parfums d’iode et de pins
Puis à nouveau la plage nous appelait dès le matin
Comme un royaume une main accueillante
Qui nous entrainait encore vers l’appel du vent
J’ai le soleil sur la nuque et l’ombre dans mon cœur
J’ai des souvenirs de plage et d’ombre mêlés
J’ai dû toucher là à un paradis qui ne reviendra plus
Mais je le sens encore dans mon cœur d’ombre
Quand je foule le sable de mes souvenirs à la nuit tombée
Sur la plage où dorment les gréments et le vent de demain.
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